Habitats

Description et objectifs 

Ce projet porte sur les fonctionnalités des écosystèmes liées à la biodiversité et la productivité, souvent support de l'exploitation (halieutique et aquacole) et perturbés par les différentes formes d'anthropisation directe ou indirecte (introduction d’espèces, fragilisation de certains habitats). On se focalisera sur des sites ateliers déjà connus et documentés, avec l'objectif global de contrôler, maintenir, ou restaurer les fonctionnalités de ces systèmes perturbés. Le projet est par essence pluridisciplinaire et associe des compétences en écologie, hydrodynamique, dynamique sédimentaire, modélisation et socio-économie dans un partenariat qui dépasse le cadre de l’Ifremer (un projet européen, 2 chantiers PNEC) dans une dimension parfois multisites. Il est décliné en 7 actions fédérant l'ensemble des activités sur les habitats, des actions sur les flux de matières dans les écosystèmes et des actions finalisées (études d'impact plus ciblées et AMP) :

  • concernant les habitats, 2 types d’écosystème et de perturbations sont abordés. Pour les habitats perturbés des estuaires et écosystèmes littoraux perturbés, les approches incluent le niveau individuel (écoéthologie), l’échelle spatiale de structuration des peuplements par les caractéristiques environnementales des habitats (modèles HSI), et l’échelle des interactions trophiques, qu’elles soient dynamiques (couplage physique/biologie) ou à l’équilibre (approche ECOPATH ou analyse inverse). Une espèce exploitée est ciblée (la sole) et trois sites sont privilégiés: Vilaine, Seine, Pertuis, mais les résultats ont une portée plus générale. Dans le Réseau trophique Manche Est, on modélise le fonctionnement de l'écosystème afin d'évaluer l'impact actuel et futur des activités anthropiques (pêche, extraction de granulats,…) et d'identifier les scénarios de gestion permettant de limiter cet impact sur les peuplements, à l’aide d’une approche de type ECOPATH-ECOSIM avec introduction d'une composante spatiale.
  • la thématique de la productivité de certains écosystèmes est abordée dans 2 actions de type PNEC. Dans le chantier littoral atlantique on met en place une approche unifiée des zones littorales de la façade atlantique, conduite selon une démarche de comparaison inter-sites basée sur la compréhension des processus physiques, biogéochimiques et biologiques qui régulent leur fonctionnement, et sur les interactions de ces systèmes avec le bassin versant et l’océan côtier. Dans le chantier, Baie du Mont Saint-Michel, on évalue la capacité trophique et l'impact des activités anthropiques pour déterminer les répercussions d’une augmentation des stocks de bivalves élevés sur les populations sauvages de filtreurs, et déterminer les mécanismes permettant de reconstituer, voire de réhabiliter les habitats et les peuplements en cas d’altération par des perturbations anthropiques – avec un soin particulier pour la dimension socio-économique des usages.
  • des études d’impact permettent de répondre à certaines demandes de décideurs et visent à analyser d e s perturbations d’habitats particuliers dans le cadre de contrats finalisés en vue de leur protection ou de leur restauration : cas de la prolifération de la crépidule en Bretagne Nord, et en particulier du suivi scientifique de son exploitation industrielle dans les baies de Saint-Brieuc et de Cancale en vue de restaurer des fonds aujourd'hui fortement colonisés ; cas des habitats d'haploops et crépidules dans la baie de Bourgneuf et des peuplements ichtyologiques associés. 
  • enfin développer les outils de modélisation statistique et mathématique en vue d'évaluer la performance d'Aires Marines Protégées fait l’objet d’une action associant l’analyse des effets écologiques sur les peuplements de poissons et les ressources halieutiques, et des analyses économiques de la valeur des AMP, dans le cadre du projet européen PROTECT (2005-2008).
 Produits attendus et contribution à DYSCO  

Les résultats de ces actions sont de différents types :

  • amélioration des connaissances pour des écosystèmes complexes : processus aux interfaces (sédiment/colonne d’eau), flux dans les réseaux trophiques, interactions physique/biologie, permettant une meilleurs représentation dans les modèles d’écosystème.
  • caractérisation de différentes échelles de perturbations dans le temps (événements ponctuels, tendances à long terme) et l’espace (estuaire, baie macrotidale, mer ouverte).
  • modèles dynamiques ou statiques (réseau trophique, habitat, dynamique de population) caractérisant les réponses au niveau de la population ou du réseau trophique à des perturbations liées à l’exploitation ou au perturbations météorologiques, climatiques ou anthropiques.
  • avis, expertises sur les impacts potentiels de certaines formes de perturbations, sous forme d’évaluation d’abondance voire de présence/absence de certaines populations cibles (sole).
  • test des stratégies de protection de certaines aire marines sur la biodiversité.

Le projet aborde ainsi des niveaux complexes de fonctionnement des écosystèmes, en abordant la question de la productivité et des habitats perturbés ; il associe les études plus amont avec des études finalisées venant en aide aux gestionnaires. Il a des liens étroits avec les projets sur les "Sédiments" et "Modecogen", en termes d’outils de modélisation et d’études de processus écologiques et physiques. Enfin, certains produits seront transférés à d’autres programmes, comme par exemple les modèles de capacité trophique et les modèles d’habitat et de réseau trophique.

 Evolution du projet 

Certaines actions ont une durée de vie brève : les études d’impact s’arrêteront fin 2005. Pour les chantiers PNEC, l’un s’arrête en 2006 (l’autre en 2008), mais les acquis devront être valorisés par exemple dans des programmes européens dont la finalité est la gestion intégrée des zones côtières. La thématique des habitats et de la capacité trophique mettant en œuvre une approche écosystémique transversale à plusieurs thèmes, il importe de la structurer au niveau Ifremer : ainsi les habitats sont abordés dans d’autres actions liées au réseau REBENT (comme le programme européen MESH) traitent explicitement des modèles prédictifs dans le cadre des réseaux de surveillance. Dans le thème 4, des modèles d’habitat sont développées dans une autre action INTERREG (CHARM) à l’échelle de la Manche.

 Actualités 

Voici divers articles publiés dans le cadre du projet MESH. Development of a framework for Mapping European Seabed Habitats (MESH) : http://www.searchmesh.net/default.aspx 

  • Jacques Populus, Anouar Hamdi, Neil Golding, Vera Van Lancker, Eric de Oliveira
  • Anouar Hamdi, Jacques Populus, Steven Piel
  • Eric De Oliveira, Jacques Populus, Brigitte Guillaumont