Phytosanitaires

Les produits phytosanitaires employés sur les bassins versants sont acheminés par les rivières et fleuves jusqu’à la mer. A l’heure actuelle, il n’est pas prouvé une relation directe entre les mortalités d’huîtres et des concentrations de produits toxiques mesurées dans l’environnement littoral. La littérature scientifique fournit malgré tout de nombreux exemples d’expériences mettant en évidence des effets nocifs de ces produits sur les huîtres :

  • l'impact sur le phytoplancton est trivial puisque le vocable "herbicide" contient les effets de ces produits sur les végétaux et donc le phytoplancton. Les effets sont différents en fonction des doses, des molécules et des espèces d'algues. Cet effet est décrit par des travaux expérimentaux. Pour les coquillages qui se nourrissent de micro-algues, les conséquences sur la nutrition peuvent être liées à des changements de quantité d'algues et/ou des changements de qualité (assemblages d'espèces, disparition, apparition d'espèces)
  • l'impact sur les larves d'huîtres est reconnu et s'exprime par des déformations (embryo-toxicité). Cette caractéristique est même exploitée puisque le taux de malformation et de viabilité de larves est une mesure standardisée et utilisée en écotoxicologie. Pour la conchyliculture charentaise, les zones de captage de la Charente sont les plus productives de France et sont situées en sortie de rivière où les produits phytosanitaire sont peu dilués.
  • l'impact sur le génome de l'huître a été mis en évidence expérimentalement. Il se manifeste par des cassures de l'ADN, des pertes de chromosome, des mutations qui affectent directement les performances physiologiques (robustesse, croissance, immunité, etc.). Les déformations des larves exposées au chapitre précédent en est un exemple.
  • l'impact sur l'immunité aussi mis en évidence expérimentalement se manifeste par une plus grande sensibilité des coquillages exploités aux agents pathogènes.

Améliorer les connaissances sur les expositions de la population et des écosystèmes aux pesticides et permettre l’évaluation des risques sanitaires constituent des enjeux auquel l’Observatoire des résidus de pesticides (ORP) a pour mission de contribuer sous l’égide de l’Afsset.

Pour cela l’ORP s’attache à recueillir, analyser et diffuser les informations sur la présence des pesticides dans différents milieux et conduire des travaux scientifiques.

Pour rendre compte aux chercheurs, aux gestionnaires de risque et à l’ensemble des parties prenantes (associations professionnelles, de protection de l’environnement et des consommateurs, etc.) des résultats des études et enquêtes réalisées au cours du premier plan d’actions 2006-2008 de l’ORP, un colloque scientifique a eu lieu les 11 et 12 mars 2009, à la Maison de la chimie, à Paris : « Mieux connaître les usages de pesticides pour comprendre les expositions »

Ce troisième rapport présente le champ de connaissances sur les pesticides et leur risque potentiel pour l’activité ostréicole des pertuis Charentais. Ce n’est pas un rapport d’expert. Il ne statut pas, il ne conclut pas, mais fait le constat de la grande méconnaissance de l’impact de ces pesticides sur la conchyliculture.