REPHY

Créé en 1984, le REseau d'observation et de surveillance du PHYtoplancton et des PHYcotoxines (REPHY) a deux objectifs :

  • environnemental : améliorer la connaissance du phytoplancton (les microalgues présentent dans les eaux littorales),
  • sanitaire : surveiller certaines espèces de phytoplancton potentiellement toxiques et les toxines qu'elles peuvent produire.

Ces objectifs sont complémentaires, puisque la surveillance régulière de l'ensemble des espèces phytoplanctoniques permet la détection des espèces toxiques et nuisibles connues, mais également d'espèces potentiellement toxiques. C'est la présence de ces espèces toxiques dans l'eau qui déclenche la surveillance des toxines dans les coquillages.

Quelques définitions
Phytoplancton

Ensemble des algues microscopiques qui flottent dans les eaux. C'est le premier maillon de la chaîne alimentaire dans l'écosystème marin. Il existe plus de 4000 espèces phytoplanctoniques au niveau mondial : certaines d'entre elles (environ 250) peuvent proliférer de façon importante en formant des eaux rouges, brunes ou vertes, d'autres espèces (environ 70) sont peuvent être toxiques, mais la plupart d'entre elles sont totalement inoffensives.

Phycotoxines

Toxines produites par quelques espèces phytoplanctoniques. Certaines de ces toxines sont dangereuses pour les consommateurs, car elles s'accumulent dans les coquillages (toxines diarrhéiques, paralysantes, amnésiantes...), d'autres sont dangereuses pour la faune marine (poissons, coquillages ...).

Le REPHY a été créé suite à l'observation de nombreuses intoxications de type diarrhéique chez les consommateurs de coquillages en 1983 et 1984, sur les côtes bretonnes. Ces intoxications avaient pour origine le développement dans le milieu littoral de Dinophysis, phytoplancton ayant la propriété de produire des toxines diarrhéiques. Depuis d'autres espèces comme les Pseudo-nitzschia et l'Alexandrium sont également suivi en Bretagne Nord.

Organisation

La recherche du phytoplancton se réalise à partir d'échantillon d'eau prélevés le plus souvent au large. Ces prélèvements sont effectués par un agent du laboratoire Ifremer de Dinard en embarquant sur les bateau de la SNSM (Saint-Cast, Saint-Quay-Portrieux, Loguivy et trébeurden) et de l'association Al-lark en baie du Mont Saint-Michel.

En cas d'épisode toxique les phycotoxines sont recherchées dans les coquillages

Les prélèvements d'eau sont effectués régulièrement toute l'année sur huit points de prélèvement répartis sur l'ensemble du littoral d'Ille-et-Vilaine et des Côtes d'Armor. Les espèces phytoplanctoniques présentes sont observées, toutes les espèces ou seulement les espèces toxiques et nuisibles, selon les points. Lors des occurrences d'espèces toxiques, la surveillance est renforcée : des points supplémentaires sont activés (26 points mobilisables au total) et la fréquence des prélèvements d'eau est augmentée. En outre, les coquillages du secteur concerné sont simultanément prélevés et soumis à des analyses visant à évaluer leur toxicité.

la carte suivante présente l'ensemble des points REPHY (eaux et coquillages) échantillonnés régulièrement ou lors d'épisodes toxiques.

Les résultats sont transmis à l'Administration qui prend, si nécessaire, les décisions adéquates : arrêtés préfectoraux pour interdire la vente et le ramassage des coquillages devenus impropres à la consommation, information des conchyliculteurs et pêcheurs professionnels concernés, information du public (médias, affichage ...).

D'avantage d'informations sur le REPHY dans la section "Phytoplancton & phycotoxines" du site internet envlit.ifremer.fr.