Programme des conférences de l'ifremer centre de Brest pour l'année 2010/2011
le mercredi, à 15h30: entrée libre et gratuite.
mercredi 6 octobre 2010
Biodiversité marine : enjeux pour demain, par Sophie Arnaud-Haond, écologiste, Ifremer
Les océans recouvrent 70% de la planète et la quasi totalité des grands groupes du vivant y sont représentés, contre la moitié seulement dans le milieu terrestre. Pourtant du fait de leur difficulté d’accès, les écosystèmes marins sont dix fois moins étudiés que les écosystèmes terrestres et beaucoup reste à découvrir. Le milieu marin s’étend des zones côtières à la Haute Mer et aux fonds abyssaux, porteur d'une diversité d’écosystèmes depuis les côtes (récifs coralliens, prairies de phanérogames, mangroves, forêts d’algues…) jusqu’aux profondeurs (sources hydrothermales, émissions de fluides froids, récifs de coraux profonds…). Elle est estimée à plusieurs millions d’espèces dont seulement environ 220 000 sont décrites aujourd’hui, contre 1,8 millions sur terre. Malgré la connaissance très partielle de l’environnement marin, les récentes avancées océanographiques (engins submersibles) et biotechnologiques (notamment en biologie moléculaire) ont permis de révéler que les océans sont une source importante de molécules uniques, y compris en environnement profond. L’utilisation de la diversité marine pour la production de molécules d’intérêt dans le domaine de la santé, de la cosmétique, et même du développement durable sur le plan environnemental a de ce fait pris un essor considérable. Nous sommes peut-être à la veille d'une véritable « révolution bleue ».
mercredi 10 novembre 2010
Des aires marines protégées pour la biodiversité côtière, par Dominique Pelletier, biostatisticienne, Ifremer
Une Aire Marine Protégée (AMP) se définit de manière générale comme un domaine marin dans lequel les usages sont réglementés ou codifiés de manière à protéger tout ou partie de l’environnement qu’elle délimite. Elle peut être une petite réserve intégrale où tout accès est interdit, comme une zone étendue où seul un certain type d’activité est réglementé. Les AMP sont devenues un outil incontournable en matière de gestion et de conservation de la biodiversité, notamment sous l’impulsion de la Convention sur la diversité biologique qui a entériné un certain nombre d’objectifs concernant la biodiversité à l’horizon 2010, puis 2020. Mais elles sont aussi apparues depuis longtemps comme un des outils de la gestion des pêcheries. La capacité des AMP à réduire, voire à enrayer, le déclin de la biodiversité marine tout en conciliant le maintien d’activités humaines telles que la pêche, les activités récréatives ou le tourisme soulève nombre de questions scientifiques.
mercredi 8 décembre 2010
Le secret des algues, par Véronique Leclerc, journaliste scientifique et Jean-Yves Floc’h, biologiste
"Les algues : à l’origine du premier oxygène biologique de notre planète, microscopiques ou géantes, souvent de mœurs peu communes, elles n'hésitent pas à vivre en symbiose avec d’autres organismes végétaux ou animaux. Nourricières, elles forment les premiers maillons de nombreuses chaînes alimentaires mais elles peuvent aussi être toxiques, voire mortelles en cas de déséquilibre de l’environnement. Cueillies à l’état sauvage ou cultivées à grande échelle, les algues entrent en force dans notre quotidien. Nous en consommons tous, souvent sans le savoir. Elles sont présentes dans des milieux très divers : glaciers, déserts, plans d’eau, rivières, bords de mer, estran, forêts sous-marines, surfaces océaniques, et surtout, leur diversité est très large, algues d’eau douce ou algues marines. Le monde des algues est fascinant et surprenant.
mercredi 12 janvier 2011
L’océan sous surveillance, par Michel Marchand, chimiste, Ifremer
Du contrôle de la qualité bactériologique des coquillages initié par des restaurateurs parisiens au début du 20ème siècle, au contrôle du bon état écologique des mers européennes au 21ème siècle, la surveillance du milieu marin a profondément évolué en un siècle. Cette évolution est à la fois le reflet et une réponse à la dégradation du milieu marin, soumis comme les autres milieux naturels à la pression incessante qu’exercent nos sociétés sur la nature. Les réseaux de surveillance sont des indicateurs de la crise écologique actuelle. L’Ifremer est en charge d’un certain nombre de ces réseaux qui surveillent la qualité microbiologique, chimique et biologique du milieu marin. Ceux-ci répondent à des politiques publiques issues, soit de règlements européens qui prévoient le classement des zones de production de coquillages et un suivi régulier de ces zones, soit de directives européennes, comme la Directive cadre sur l’eau qui concerne les eaux littorales et la récente Directive cadre stratégie pour le milieu marin qui se situe à l’échelle de l’ensemble des mers européennes.
Mercredi 9 février 2011
Mers et littoraux, des espaces sous pression, par Yves Henocque, responsable nature et société, Ifremer
Environ 50% de la population mondiale vit dans la zone littorale, c’est-à-dire environ 10% de la surface terrestre, entraînant des pressions énormes sur les habitats et les ressources côtières. Une grande part de la population mondiale dont le nombre ne cesse de croître dépend des océans pour l’alimentation, les rejets des eaux usées ou des déchets, la production d’énergie, ou encore le transport maritime si essentiel à l’économie globale, et perçoit le littoral comme source d’inspiration et lieu privilégié de loisirs. La gestion de ces multiples usages et des attentes issues d’une population littorale sans cesse croissante constitue un défi majeur pour tous les pays, développés et en développement.
mercredi 16 mars 2011
Les biosalissures, un « grain de sable » dans la mesure en milieu marin, par Laurent Delauney, Ingénieur, Ifremer
Les systèmes de mesure autonomes et d’imagerie sous-marine mis en oeuvre sur de longues périodes, dans le cadre de réseaux d’observation, sont confrontés au phénomène des biosalissures (ou « fouling »). Ces dernières perturbent les instruments – capteurs physico-chimiques, caméras, appareils photos et projecteurs – installés sur les structures existantes telles plates-formes, bateaux-phares, quais, digues, bouées, ou sur des stations de fond. Au printemps, les biosalissures peuvent se développer et coloniser un système en une semaine. Cette colonisation occasionne une dérive des capteurs physico-chimiques qui, de ce fait, fournissent des mesures inexploitables. Les systèmes d’imagerie sont de même perturbés : les images deviennent floues ou bruitées, les projecteurs perdent de leur intensité lumineuse. Depuis 2003, l’Ifremer a étudié plusieurs méthodes de protection contre les biosalissures adaptées aux capteurs océanographiques et pour les systèmes d'imagerie sous marine.
mercredi 13 avril 2011
Satellites, sismographes et vidéo pour l'observation des vagues, par Fabrice Ardhuin, physicien à l'Ifremer
Les vagues sont une source d'énergie considérable pour la dynamique littorale et la mécanique des couches de surface. On comprend et prévoit de mieux en mieux les caractéristiques des vagues en mer, depuis leur génération jusqu'à leur dissipation. Les travaux actuels, menés en particulier à l'Ifremer, visent à améliorer encore cette compréhension. Pour ce faire, l'interprétation du bruit sismique associé aux vagues permet de mieux connaître l'étendue des champs de houle, en complément des observations spatiales encore très limitées. Cette connaissance approfondie de la mécanique des vagues sert de nombreuses applications telles la correction de mesures satellitales (niveau de la mer, vitesse des courants, salinité ) ou l'amélioration de la précision des prévisions pour le grand public (voir www.previmer.org) ou pour la communauté scientifique qui travaille sur des sujet aussi divers que le transport des sédiments, l'étude de la structure de la terre l'évolution du trait de côte ou encore les flux de gaz à effet de serre entre l'atmosphère et l'océan.
mercredi 11 mai 2011
Un réseau d’observatoires en mer profonde, par Ingrid Puillat, ingénieure, Ifremer
ESONET est un réseau d’Excellence européen lancé en mars 2007 pour 4 ans et coordonné par l’Ifremer. Il implique 14 pays européens, plus de 50 instituts et entrepris, près de 300 scientifiques, ingénieurs et techniciens. L’objectif final du projet est de rédiger le cahier des charges pour la mise en place d’observatoires permanents en mer profonde, inter-opérables et à moindre coût. Le réseau a ainsi travaillé sur les spécifications techniques d’observatoires multidisciplinaires au sens le plus large du terme incluant : océanographie, géoscience et géohazard, biogéochimie, suivi de mammifères marin, etc… Onze sites localisés sur la marge continentale européenne ont été retenus pour leur intérêt scientifique : océan Arctique, la marge Norvégienne, la mer du Nord ; le site de Porcupine (Atlantique Nord Est), le site MOMAR (ride Médio-Atlantique), le golfe de Cadix, la mer Ligure, une zone à l’est la Sicile, une zone dans le Péloponnèse, la mer Noire, et la mer de Marmara. L’Ifremer s’est fortement impliqué dans le management du projet, a réalisé des missions importantes de démonstrations notamment sur quatre sites. Cette initiative européenne s’intègre dans une mouvance internationale, et il sera intéressant de voir la suite qui y sera donné dans les années à venir.
mercredi 8 juin 2011
Ténébres abyssales, squelettes et zombies, par Daniel Desbruyères, biologiste
Le monde abyssal n’a pas fini de nous surprendre. Alors que l’exploration des dorsales et des zones volcaniques, des monts sous-marins et des marges continentales se poursuit, notre attention se porte sur les apports massifs de matière organique sur les grands fonds. Les bois coulés, les cadavres de vertébrés, les grandes algues mortes constituent des voies rapides qui alimentent la faune abyssale. Leur arrivée sur le fond, évènement peu prévisible, est exploitée par une faune mobile, opportuniste spécialisée, perforatrice ou nécrophage qui présente de curieuses similitudes avec celle des sources hydrothermales et des sources froides des marges. Les cadavres et les squelettes de cétacés qui se décomposent sur le fond forment des oasis dont la durée de vie peut excéder le siècle. Le développement de la chasse industrielle au 19ème siècle a très probablement modifié profondément la composition et les cycles de cette faune spécialisée.
Contacts :
Service Communication Ifremer
02 98 22 40 05 et 40 07
combrest@ifremer.fr
Lieu:
Ifremer, Technopôle Brest Iroise
Salle de conférence Lucien Laubier

