Vous êtes dans :
Mots-clés : plastiques, bactériens, 2010

Les plastiques bactériens - 5 mai 2010

par Christelle Simon-Colin, microbiologiste, Ifremer Brest

Chaque année, plus de 300 millions de tonnes de matériaux plastiques dérivés de la pétrochimie sont produits dans le monde. On estime ainsi à près de 17 milliards le nombre de sacs plastiques utilisés rien qu’en France. Avec une durée de vie oscillant entre 100 et 400 ans, la question de l’impact de ces matériaux sur l’environnement se pose nécessairement pour aujourd’hui comme pour demain. Les Poly-b-hydroxyalcanoates (PHAs) sont des polyesters synthétisés naturellement par certaines bactéries en réponse à un déséquilibre nutritionnel et/ou énergétique. Ces polymères sont accumulés au sein de la bactérie sous la forme de granules intracellulaires et servent alors de molécules de réserve. Du fait de leur biodégradabilité intrinsèque et de leurs propriétés physico-chimiques proches de celles des plastiques pétrochimiques, les PHAs constituent une alternative aux plastiques d’origine pétrolière et une solution aux problèmes de pollution associés à leur devenir dans la nature. D’autre part, les PHAs sont produits naturellement à partir de ressources renouvelables et trouvent une application pour la valorisation des déchets des industries, diminuant ainsi le coût de production de ces bioplastiques. Selon les prévisions de croissance, le marché de ce type de biopolymères pourrait atteindre entre 10 et 20 % du marché des matériaux plastiques dans les prochaines décennies, accéléré par l’évolution des législations en matière de développement durable, de réduction de l’effet de serre, la nécessité d’une meilleure gestion des déchets, ou encore le besoin d’émancipation vis-à-vis des ressources fossiles. Du fait de la grande diversité de structure chimique des PHAs, les secteurs d’applications potentiels sont très nombreux et couvrent notamment l’emballage, l’agriculture et l’aquaculture, la chimie, la cosmétologie, et le secteur biomédical.