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Développement de l’aquaculture outre-mer : la crevette en Nouvelle Calédonie - 10 mars 2010

par Yves Harache, biologiste, Président de l’European Aquaculture society, ancien directeur du département « Ressources Aquacoles de l’Ifremer, ancien délégué de l’Ifremer en Nouvelle-Calédonie jusqu’en 2007,

et Alain Herbland, biologiste à l’Ird pendant 15 ans et ancien cadre scientifique à l’Ifremer

La production mondiale de crevettes 2007 a atteint 5,1 millions de tonnes, dont plus de la moitié provient de l’aquaculture (FAO 2009). La Nouvelle-Calédonie, historiquement l’un des quelques sites pionniers de la recherche pour la « domestication » des crevettes au début des années soixante-dix avec le soutien actif du Centre Océanologique du pacifique (CNEXO), a développé une production atteignant 2500 tonnes par an en 2005. Cette production aquacole, bien modeste à l’échelle mondiale (un peu moins d’une crevette sur mille) revêt pour ce pays d’outre-mer une réelle importance stratégique, faisant de la crevette le second poste des produits d’exportation, loin derrière le nickel, mais au premier rang des produits du secteur agriculture-pêche. Elle a permis de développer une activité créatrice d’emplois en brousse, où peu d’activités économiques existent. Exemplaire par ses choix anciens d’une aquaculture responsable (intensification raisonnée, distance entre fermes, préservation de la mangrove, totale interdiction des antibiotiques dans la phase de grossissement dès le milieu des années quatre-vingt dix, certification du produit à l’export avec un cahier des charges de production très strict), elle reste cependant fragile, comme toutes les activités de ce type, confrontées à une compétition internationale sévère.