Impact environnemental des produits et des produits dérivés

La prise en compte de l’impact environnemental des entreprises polluantes est présente depuis la législation sur les installations classées pour la protection de l’environnement (Régime ICPE) datant de 1976. 20 ans plus tard, l’Europe décide de définir une réglementation, la directive IPPC, se basant sur les mêmes règles d’obtention d’un permis d’autorisation à exploiter pour les entreprises les plus polluantes pour atteindre un niveau élevé de protection de l’environnement dans son ensemble. Cette législation s’appuie sur un concept clé : l’approche intégrée des impacts environnementaux (pollution de l’eau, de l’air, production des déchets, énergie, etc.). Aujourd’hui, le contexte réglementaire est de plus en plus exigeant et incite à développer des stratégies dynamiques de production plus propre le plus en amont possible de la production des déchets. Or, les solutions environnementales ne peuvent être intégrées dans une entreprise sans se préoccuper de leur viabilité économique ou sans intégrer d’autres caractéristiques quelles soient géographiques, techniques ou sociales. Le concept de « Meilleures Techniques Disponibles » (MTD), introduit par la législation, en est le reflet. Cependant, en ce qui concerne les MTD, les industriels sont démunis lorsqu’ils doivent montrer que les performances de leur procédé sont équivalentes aux performances de ces MTD. Malgré des guides techniques de référence (BREFs) et quelques considérations proposées dans la directive IPPC, très peu de démarche aide les industriels dans cet exercice ; il n’y a pas de réelle démarche harmonisée et spécifique pour les secteur d’activités reconnue au niveau nationale.

Le projet de loi Grenelle 2 prévoit la mise en place d’un affichage environnemental des produits de grande consommation obligatoire courant 2011 :l’Analyse de Cycle de Vie a été identifiée pour répondre à cette exigence.
à L’ACV est une méthode normalisée et reconnue (ISO 14040 et ISO 14044), multi-étapes (de l’extraction des matières premières jusqu’à son élimination, soit du « berceau à la tombe ») et multicritère qui permet de quantifier les impacts d’un produit, d’un service, d’un bien ou d’un procédé L’ACV est considérée comme étant la méthode la plus aboutie en terme d’évaluation globale et multicritère.
Le diagnostic de cette méthode d’évaluation environnementale permet d’identifier les principales sources d’impacts environnementaux. Il est possible de réaliser plusieurs scénarios par étude offrant ainsi aux utilisateurs des éléments d’aide à la décision pour définir au mieux une stratégie d’amélioration des performances environnementales à plusieurs niveaux (choix de conception, d’amélioration de produits, choix de procédés, choix de filière de valorisation, etc ?) tout en évitant les transferts de pollution engendrés par des solutions potentielles.
Une des solutions à la crise que connaît actuellement la filière mer dans son ensemble (pêche, mais aussi aquaculture) serait de rationaliser la filière, d’optimiser les circuits (notamment ceux des produits et co-produits) et de fédérer les acteurs professionnels, mais aussi institutionnels. La création du GDR SEAPRO est une des réponses apportées par STBM, mais beaucoup de choses restent encore à entreprendre. L’Ifremer, de par sa position à l’interface recherche/industrie est l’interlocuteur privilégié capable de jouer ce rôle de chef de file pour une réorganisation en profondeur de la filière « transformation des produits de la mer ». La combinaison des approches « technologies douces » d’une part et « étude d’impact environnemental » d’autre part permet à l’Ifremer en général, et au laboratoire STBM en particulier, d’être un des acteurs majeurs dans le domaine de la transformation aux niveaux européen et international.