Scientific sessions
1 – Comprendre le fonctionnement de l’écosystème et des principaux processus de régulation.
La 1ère session a pour but de mettre en lumière les fonctions écologiques et physiques qui jouent un rôle clé dans la réponse de l’écosystème aux pressions du milieu et aux évènements extrêmes pour une large gamme d’utilisations reliée aux biens et services offerts par les écosystèmes côtiers. Comprendre de telles fonctions permettra de répondre aux questions suivantes :
- Quelle est l’intensité des changements et ceux-ci sont-ils réversibles?
- Quels sont les processus impliqués et quels sont les facteurs de contrôles ?
- A quelles échelles de temps et d’espace ces processus interagissent ? Ces interactions résultent-elles d’effets en cascade ?
- Pouvons-nous prévoir la vitesse à laquelle ces systèmes naturels changent, l’occurrence et l’intensité de ces changements ?
- Quels types de monitoring et de suivis sont les plus appropriés pour déterminer ces changements ?
- Comment des modèles et outils opérationnels peuvent être utilisés comme aide à la décision pour les décideurs et parties prenantes ?
- Quels sont les impacts de ces changements sur les biens et services de l’écosystème et sur les activités humaines ?
Mots clés: Suivi scientifique ; protocoles d’échantillonnage et d’observation ; technologie / instrumentation ; Système de monitoring à long terme; bases de données; effets physiques (tsunami, vagues, élévation du niveau de la mer, augmentation de la température, érosion côtière, extrêmes météo-climatiques,…); effets chimiques (eutrophisation, contaminants, acidification, bioaccumulation,…); effets biologiques (bactériologique, pêcheries et aquaculture, espèces invasives,…); effets sociaux et économiques (marché, conflits d’usages, coûts énergétiques, …); modélisation des processus et interactions: biophysiques, biochimiques ou bioéconomiques; cycle biologique; chaîne trophique ; habitats.
2 – Evaluation de la réponse du système :
La 2ème session aura pour cible l’évaluation de la réponse de l’écosystème côtier au changement global et aux évènements extrêmes, incluant les facteurs anthropiques qui peuvent parfois faire d’un aléa naturel, un désastre, et leurs impacts sur les communautés humaines.
Cette session couvrira en particulier :
- Les stratégies nécessaires pour évaluer la sensibilité à une pression donnée du système étudié ;
- Les programmes d’échantillonnage et les méthodologies permettant d’estimer la résilience de l’écosystème et le bon état écologique;
- Les indicateurs de changements écologique, économique et social avec prise en compte des perspectives historiques ;
- L’évaluation du risque écologique ;
- Les impacts physiques sur les zones côtières dus au tsunami, à la houle, à l’érosion éolienne,…
Mots clés: Prévision des panaches de pollution et d’eau douce ; évolutions des caractéristiques physiques, biologiques et économiques du système à différentes échelles ; Prévision de l’abondance d’une population ; évaluation du niveau de risque ; indicateurs de durabilité et d’acceptabilité d’un point de vue social, économique et écologique ; modification du fonctionnement de l’écosystème ; scénarios de changement, trajectoires du système.
3 –Outils et stratégies de gestion :
La 3ème session concerne l’amélioration de la résilience des écosystèmes côtiers grâce à la diminution des pressions anthropiques qui sont à l’origine de la dégradation actuelle des habitats et de la diversité des communautés vivantes (incluant les communautés humaines).
Dans un contexte de demande économique et sociale croissante pour les biens et services de l’environnement du fait du développement des activités de pêche, aquacoles, du tourisme, de l’urbanisation, du développement portuaire, de l’énergie :
- Comment pouvons-nous protéger la biodiversité des écosystèmes et restaurer une partie de la fonctionnalité de ceux qui ont été fortement affectés par les impacts anthropiques?
- Comment pouvons nous atténuer l’impact du changement global et des évènements extrêmes sur la durabilité du système socio-économique ?
- Comment pouvons-nous développer et combiner les outils pour aider les gestionnaires et parties prenantes à incorporer les connaissances scientifiques et traditionnelles ainsi que les savoir-faire aux décisions publiques (cadre des directives européennes par exemple) et pour mettre en œuvre une gestion plus environnementale ?
Mots clés: SIG et réseau de connaissances ; conservation de la biodiversité (incluant la définition des états pristine et/ou de référence) ; capacité de résilience de l’écosystème ; réversibilité des effets ; intégration des connaissances scientifiques aux réglementations publiques (référence particulière aux DCE et DCSM); minimisation de l’empreinte écologique des activités de pêche, d’aquaculture et de production d’énergie sur les écosystèmes ; impacts des AMP; récifs artificiels.
4 – Gestion intégrée de la zone côtière et de l’Océan :
La 4ème session concerne la mise en oeuvre de l’approche écosystémique pour la gestion intégrée de la zone côtière et de l’Océan. Elle cible sur les liens écosystémiques pour préserver l’intégrité de la structure, le bon fonctionnement et la résilience des écosystèmes marins et s’efforce d’élargir l’échelle aux considérations transfrontalières et d’intégrer la coopération régionale dans leurs aménagements. Plus complète que la gestion par espèce ou la gestion sectorielle pour ce qui concerne les perspectives scientifiques et de gestion, c’est une approche holistique qui considère le socio-écosystème dans son entier pour assurer la durabilité des services utiles à l’homme. Si les structures institutionnelles peuvent être définies de manière flexible afin de gérer les systèmes socio-écologiques complexes, incorporant une participation large et effective des parties prenantes et les stratégies décisionnelles inter-gouvernementales, l’approche écosystémique, en liaison avec un secteur déterminé, comme les pêches par exemple, doit aboutir à une gestion adaptative qui assurera une certaine robustesse des décisions malgré les incertitudes scientifiques existantes. Dans ce cadre :
- Si nous considérons la gestion intégrée de la zone côtière et de l’Océan comme une expression d’une réglementation adaptative, comment concevoir un outil expérimental pour une intégration progressive des connaissances validées dans les politiques publiques ?
- Comment pouvons-nous définir et proposer le type le plus approprié de gouvernance ?
- Comment pouvons-nous traiter les nombreuses incertitudes intra et inter disciplinaires (sciences du milieu et sciences sociales) et la frontière entre science et politique ?
- Que devons-nous savoir du comportement humain afin d’adapter notre façon de communiquer la connaissance?
- Comment incorporer les différentes échelles de temps et d’espace à chaque stade du processus de gestion de la zone côtière et de l’Océan ?
Mots clés: Gestion intégrée de la zone côtière et de l’Océan; gestion par écosystème ; gestion adaptative; gouvernance imbriquée; approche multi-échelle ; dispositions institutionnelles; approche écosystémique des pêches; changement d’échelle; approches partenariale et participative; incertitude scientifique ; complexité du socio-écosystème ; services écosystémiques; analyse coût :bénéfice ; gestion des aires marines protégées; connaissances traditionnelles; restauration pristine.
Professor Louis Legendre, Pierre & Marie Curie University, Villefranche Oceanography Laboratory, France
Mr. Jean-François Stéphan, Director, CNRS/INSU, France
