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Argumentaire

La zone côtière et les écosystèmes côtiers situés à l’interface entre le continent et la mer sont la cible principale du colloque international de Biarritz en 2011 pour de multiples raisons :

- Ceux sont des espaces de forte biodiversité et d’intense productivité qui supportent des densités humaines très importantes avec de nombreux usages générant diverses activités économiques.

- Les zones côtières représentent 75% de la production de l’océan et 5% de sa surface. Elles sont le lieu de multiples conflits d’usages pour l’occupation de l’espace et l’exploitation des ressources via de nombreuses activités comme la pêche, l’aquaculture, le tourisme, la production d’énergie, le développement portuaire et urbain. D’après le Millennium Ecosystem Assessment, on estime que 60% des écosystèmes côtiers dans le Monde sont dégradés.

- Ces écosystèmes sont fortement contraints et ont subi des variations très importantes du niveau marin. Le trait de côte est généralement très instable à court comme à moyen terme.

- Leur état est dépendant des activités qui s’exercent sur les bassins versants qui leur sont adjoints avec une modification des apports d’eau douce et la modification profonde des axes fluviaux. La construction de barrages en forte augmentation tout au long du 20ème siècle sur la plupart des grands fleuves européens, reste encore très développée en Asie et en Afrique pour des besoins énergétiques ou d’approvisionnement en eau, ce qui a un fort impact sur la plupart des grands écosystèmes fluviaux et par conséquent sur les zones côtières qui en dépendent.

- Alors que les écosystèmes côtiers produisent de nombreux services écosystémiques, leur dégradation doit être mise en rapport avec l’empreinte écologique mondiale qui a dépassé la capacité biologique de la Terre à produire les ressources alimentaires nécessaires et à absorber les déchets. Le développement de la gestion intégrée de la zone côtière liée à la préservation des biens et services de ces écosystèmes devient plus urgente que jamais.

Dans ce cadre, ce colloque associé à un salon technique portant sur l’observation, la préservation, la restauration, les activités et les utilisateurs de l’Océan : Oceanovation, couvrira les apports et l’hydrologie des bassins versants qui ne peuvent être dissociés de l’évolution de la qualité des écosystèmes littoraux et côtiers qui les reçoivent. Il inclura également la partie marine sous influence des panaches estuariens qui jouent un rôle très important sur la productivité océanique, sur la contamination du domaine marin et des ressources qu’il héberge.

Ces écosystèmes très diversifiés sont exposés également à des évènements exceptionnels (tsunamis, crues, tempêtes) et au changement global dont les effets du changement climatique. Ces pressions impactent les biens et services produits par les écosystèmes côtiers et in fine le bien être humain.

La notion de risque côtier est liée à la vulnérabilité des écosystèmes côtiers au changement global, soit directement (e.g. changement du climat) ou indirectement (e.g. démographie) ainsi que le définit le schéma logique du Millennium Ecosystem Assessment.

La vulnérabilité est dépendante de trois éléments interconnectés : exposition au risque, sensibilité aux pressions et niveau de résilience ou capacité à s’adapter aux facteurs de changement.

Cette notion de risque renvoie à celle du « principe de précaution » telle que formulée en 1992 par la déclaration de Rio et qui introduit deux étapes : i) l’analyse du risque sur la base d’études scientifiques pour améliorer la fiabilité de sa prévision et ii) la recherche d’un mode de gestion du risque pour rendre celui-ci socialement, environnementalement et économiquement acceptable.

A la convergence de ces 3 critères : social, environnemental et économique se situe le « développement durable » dont la mise en œuvre présuppose la mise en place d’une recherche non seulement pluridisciplinaire, mais aussi interdisciplinaire. Cela nécessite également l’extension des partenariats entre acteurs impliqués dans l’aménagement et la gestion de systèmes complexes. Cela ne peut se concevoir sans un échange de savoirs entre partenaires et de transferts des connaissances sous une forme lisible et utilisable par les décideurs.

Le colloque doit faire le lien entre les diverses thématiques afin de mieux comprendre la nature des principaux processus physiques, chimiques et biologiques qui interviennent sur la modification de la structure et de la fonctionnalité des écosystèmes côtiers. Cela requiert une approche pluridisciplinaire permettant de combiner nos savoirs scientifiques, mais aussi traditionnels pour mieux appréhender la complexité des interactions entre facteurs physique, chimique, biologique et socio-économique.