Action "Données halieutiques professionnelles"

L'objectif de l'action "Données halieutiques professionnelles" est de poursuivre, en l'améliorant, la collecte des données relatives à la pêche professionnelle du bar en France : tonnages, saisonnalité des captures, distributions des tailles de capture selon les métiers...
Les données aujourd'hui disponibles sur les tonnages de bar débarqués par les flottilles professionnelles françaises et européennes sont synthétisées dans les paragraphes qui suivent.
Elles seront réactualisées et étoffées tout au long du projet.

1.   Les données relatives à la pêche professionnelle en Europe : origine et utilisation

Le bar européen est recherché par certaines flottilles professionnelles françaises et européennes, alors qu’il ne représente qu’une capture accessoire pour d’autres.

Les données relatives à la pêche professionnelle figurant dans cette fiche sont les données officielles produites par les différents pays de l’Union dans le cadre de la DCF (Data Collection Framework) faisant obligation aux Etats membres de collecter, selon des protocoles arrêtés, et avec une précision définie, un ensemble de données et informations sur leurs flottilles de pêche et leurs captures.

Ces données sont transmises annuellement au CIEM (Comité International pour l’Exploration de la Mer) dans des" working groups" auxquels participent des scientifiques halieutes des différents pays, dont  l'Ifremer pour la France, et qui ont pour mission de compiler et d’analyser l’ensemble des données internationales afin de produire, pour le compte de l’Union, des expertises et des recommandations visant à la gestion durable des stocks en Atlantique du Nord-Est.

Ces recommandations scientifiques annuelles, synthétisées dans des fiches "avis" (http://www.ices.dk/community/advisory-process/Pages/Latest-Advice.aspx)  portent sur l’ensemble des stocks exploités dans les eaux européennes, et constituent une base pour les négociations inter-Etats dans le cadre de la Politique Commune des Pêches. Ces négociations aboutissent chaque année à la fixation de mesures de gestion, qui peuvent être par exemple des TACs (Totaux Admissibles de Capture) pour certains stocks à l’échelon européen, avec leurs déclinaisons nationales que constituent les quotas nationaux, ou des fermetures spatiotemporelles de certaines zones de pêche, ou des plans de sorties de flottes...

 

2.   Captures de bar par les flottilles professionnelles européennes

De nombreux métiers, ciblant ou non le bar, capturent  l'espèce en Europe (et en France) : parmi les plus importants, le chalutage pélagique, le chalutage de fond, les métiers de l'hameçon (qui regroupent les  lignes à main et les palangres), le filet, la bolinche,  la senne danoise...

2.1.Captures professionnelles européennes globales et évolutions

La figure 1 ci-dessous présente l’évolution des tonnages professionnels de bars capturés en Atlantique du Nord-Est (depuis le sud du Portugal jusqu’en Mer du Nord ; hors méditerranée) entre 2000 et 2013.


 

Figure 1 : Débarquements européens (en tonnes) de bar en Atlantique du Nord-Est (secteurs CIEM IXa, VIIIc, VIIIa, VIIIb, VIIafgdeh, IVbc ; Cf. carte 1 ; source : CIEM). (cliquer sur la figure pour l'agrandir)

 

Les débarquements professionnels européens, de l’ordre de 5000 tonnes au tout début des années 2000, ont atteint 8155 tonnes en 2006, et sont aujourd’hui de l’ordre de 7000 tonnes.

La France est le premier producteur européen, avec des débarquements qui étaient de l’ordre de 4000 tonnes au début des années 2000, ont atteint 6000 tonnes en 2005 et 2006 et sont aujourd’hui de 5000 à 5500 tonnes (de l’ordre de 70% du total européen ; pourcentage en baisse sur la période).

 

2.2. Captures professionnelles européennes de bar par grandes régions CIEM

La proportion des tonnages de bar débarqué par les flottilles européennes dans les 4 grandes zones d'étude retenues par le CIEM est donnée par la figure 2.

 

 

Figure 2 : tonnages de bar débarqués en 2012 par les principales flottilles européennes dans les 4 grands secteurs CIEM. Des données ne sont disponibles que pour trois d’entre eux : pas de donnée dans le secteur « Nord-Ouest » (en vert sur la carte), la pêche professionnelle du bar étant interdite en Irlande. (cliquer sur la figure pour l'agrandir)

 

2.2.1.      Divisions IVbc, VIIa, VIIdefgh (Irish Sea, Celtic Sea, English Channel, southern North Sea = “Zone Nord”). Source : CIEM, WGCSE 2013.

Les débarquements professionnels européens en 2012 sont de l’ordre de 4 000 t sur cette zone « Nord » dont 2600 tonnes (64%) pour les professionnels français.

Le chalutage pélagique en bœufs y constitue la pêcherie la plus importante (navires français, mais aussi quelques navires britanniques), représentant 30% du total des débarquements internationaux. Cette flottille travaille principalement dans la Manche et la mer Celtique entre Décembre et Avril quand le bar se regroupe avant et pendant le frai. Elle est constituée d’un nombre limité de navires. Les débarquements français ont fortement augmenté depuis 2000 sur la zone.

En 2012, les chalutiers de fond français et britanniques y ont réalisé près de 24% des débarquements, les filets 14%, les lignes 12%, et les 7% restant étant attribués à un regroupement de différents engins.

Les captures hollandaises professionnelles de bar ont augmenté depuis le début des années 2000 passant d'environ 100 tonnes en 2002 à près de 400 tonnes à partir de 2007. Elles sont principalement réalisées dans le Sud de la Mer du Nord. Les principaux engins utilisés sont le chalut à perche, les sennes danoises et écossaises, les lignes et les filets.

2.2.2.      Divisions VIIIabd (golfe de Gascogne). Source : CIEM, WGHMM 2013

Le bar du golfe de Gascogne est ciblé principalement par la France (2347 tonnes en 2012, soit  plus de 90% des débarquements internationaux dans la zone). Les palangriers et les ligneurs travaillent principalement de Juillet à Octobre et les chalutiers pélagiques, fileyeurs et chalutiers de fond de Novembre à Avril quand le poisson se rassemble avant et pendant le frai. L'Espagne y réalise environ 10% des captures, principalement au chalutage de fond. Les captures espagnoles y sont passées d’environ 20 tonnes dans les années 90 à environ 150 tonnes au milieu des années 2000, et sont restées de cet ordre en 2013. Les captures britanniques y sont très faibles, généralement inférieures à 5 tonnes par an.

2.2.3.      Divisions VIIIc, IXa (Eaux ibériques).  Source : CIEM, WGHMM 2013

Les navires espagnols et portugais réalisent la majeure partie des débarquements annuels des zones IXa et VIIIc. Les débarquements commerciaux représentaient 772 tonnes en 2011 (après avoir été de 1000 tonnes dans le début des années 90, et 637 tonnes en 2004).  Une part importante des captures est réalisée par une pêcherie mixte artisanale. Au Portugal, les engins les plus utilisés sont les filets et les lignes. Le chalut et la bolinche sont peu utilisés. Les captures espagnoles dans la zone sont principalement réalisées par les palangriers.

 

3.   Zoom sur les flottilles professionnelles françaises capturant du bar, les tonnages et leur saisonnalité.

 

3.1.Les flottilles françaises exploitant le bar et leurs captures respectives

 

6 métiers dominent dans les débarquements français :

 - Les chalutiers pélagiques : une trentaine de navires d’une taille comprise entre 18 et 24 mètres et embarquant 4 ou 5 marins ciblent l'espèce en hiver, essentiellement en Manche sur les zones de frayères quand le poisson est regroupé. Leurs débarquements sont importants et ces navires sont économiquement dépendants de l'espèce.

- Les chalutiers de fond : les navires sont nombreux, plus de 800, et leurs caractéristiques sont très variées, du navire côtier au navire hauturier. Le bar n'est généralement pas ciblé par les chalutiers de fond, sauf par quelques-uns, et les captures ont lieu toute l'année. Les débarquements sont importants du fait du nombre de navires impliqués. Les chalutiers de fond sont généralement peu dépendants économiquement de l'espèce.

- Les métiers de l'hameçon (palangriers et ligneurs à main) : cette flottille comprend environ 400 navires de petite taille (<12 mètres), avec 1 ou 2 hommes à bord, qui pêchent le bar généralement d'avril à novembre. 300 unités ciblent directement l'espèce et en sont économiquement dépendantes.

- Les fileyeurs : de nombreux navires (autour de 600) aux caractéristiques très variées pêchent du bar au filet tout au long des côtes françaises. Le bar n’est généralement pas ciblé, sauf par la flottille du sud du golfe de Gascogne qui exploite l’espèce en période hivernale sur les zones de frayères. Les débarquements peuvent alors être importants dans cette zone.

- La senne danoise : c'est une activité récente en France que l'on retrouve dans les statistiques uniquement depuis 2009. Quelques navires sont concernés avec des débarquements essentiellement hivernaux. Ils ne dépendent pas économiquement de l'espèce actuellement mais pourraient la cibler à l’avenir.

- Les bolincheurs : peu de navires pratiquent le métier (une vingtaine). Leur taille est comprise entre 12 et 18m. Les zones de pêche sont très limitées, essentiellement sur la pointe bretonne. Le bar n'est généralement pas ciblé car le quota annuel attribué à l’ensemble de la flottille de bolincheurs n’est que de 50 tonnes. Quelques débarquements sont donc observés, tout au long de l'année, mais ne représentent au total environ que 1% des débarquements français.

 

Les captures de bar réalisées par les différentes flottilles françaises en Atlantique du Nord-Est sont, sur les dernières années, comprises entre 5000 et 5500 tonnes par an, et génèrent en première vente un chiffre d’affaires annuel de 50 à 55 millions d'euros.

La figure 3 présente la répartition des débarquements entre les différents métiers en 2012.

 

Figure 3 : contributions respectives des différentes flottilles françaises professionnelles à la production de bar en Atlantique du Nord-Est en 2012  (façades Manche-Atlantique-mer du Nord ; capture totale de 4961 tonnes en 2012 ; source SACROIS DPMA-Ifremer). (cliquer sur la figure pour l'agrandir).

 

Les débarquements des chalutiers pélagiques représentent 27% des débarquements nationaux en 2012. Cette flottille cible l’espèce en hiver. Une limitation des débarquements a été mise en place en 1999 en fixant un seuil à 5 tonnes hebdomadaires par navire,  modifié en 2012 avec un nouveau seuil compris entre 5 et 9 tonnes par quinzaine selon les périodes (http://www.comite-peches.fr/wp-content/uploads/B70-2013_BAR-cadre.pdf).

Bien que près de 26% des captures soient réalisées par le chalutage de fond, de nombreux navires ciblent relativement peu l’espèce qui reste une capture  accessoire.

Les métiers de l’hameçon, regroupant les lignes de traîne et les palangres, réalisent 20% des captures et les fileyeurs 18%. Il est à noter que la pêche à la senne danoise se développe en France depuis quelques années, les débarquements passant de 27 tonnes en 2009 à 273 tonnes 2012.

La Figure 4 présente l’évolution des captures mensuelles par métier.

 

Figure 4 : Evolution mensuelle des débarquements français de bar par métier en Atlantique du Nord-Est (source SACROIS DPMA-Ifremer ; données 2012). (cliquer sur la figure pour l'agrandir).

 

Les apports, toutes zones confondues, sont très hétérogènes selon la période et les engins utilisés. Les débarquements les plus importants ont lieu en début d’année (Janvier-Mars = période de reproduction). Les captures sont alors principalement réalisées par les chalutiers pélagiques, les chalutiers de fond ainsi que les fileyeurs.

 

3.2. Evolution interannuelle des tonnages débarqués par métier dans le golfe de Gascogne

 L’évolution des captures françaises par métier depuis 2000 dans le golfe de Gascogne est présentée par la Figure 5 (source Sacrois DPMA-Ifremer 2014).

 

Figure 5: Evolution annuelle des captures françaises dans le golfe de Gascogne. (cliquer sur la figure pour l'agrandir).

 

Le chalutage pélagique représentait 25% des débarquements dans le golfe de Gascogne sur la période 2000 à 2008, et un peu moins de 9% en 2012. Ceci s’explique par une diminution du nombre de chalutiers pélagiques en activité dans la zone avec un report de l’activité vers la Manche.

Une diminution des débarquements des ligneurs est également observée depuis 2007 (de l’ordre de 700 tonnes en 2012 contre environ 900 tonnes en 2007), qui pourrait s’expliquer par une diminution de la ressource, notamment dans la partie nord du golfe de Gascogne et en Bretagne Sud.

Les captures de bar par les fileyeurs fluctuent entre 450 et 700 tonnes entre 2000 et 2012. Elles augmentent depuis 2010 du fait d’une augmentation du ciblage de l’espèce par les fileyeurs du sud de la zone en période hivernale.

Il est à noter également l’apparition dans les statistiques de captures de bar par la senne danoise depuis 2009.

Les débarquements du chalutage de fond restent relativement stables sur la période considérée, autour de 450 tonnes.

 

3.3. Evolution interannuelle des tonnages débarqués par métier dans le stock "Manche/Mer Celtique/Mer du Nord"

L’évolution des captures françaises par métier depuis 2000 en Manche, mer Celtique et mer du Nord est présentée par la Figure  6.

En Manche et mer Celtique, l’activité du chalutage pélagique a connu une forte croissance depuis 2000/2002, passant de 600 tonnes environ à plus de 1000 tonnes ces dernières années (pic de production de 1800 tonnes en 2010, et capture d’un peu moins de 1200 tonnes en 2012). Le groupe de travail du CIEM attribue à cette augmentation des captures des chalutiers pélagiques, l'augmentation de la mortalité par pêche estimée dans cette zone. Concomitamment, les débarquements des autres métiers principaux (chalut de fond et lignes) présentent des tendances plutôt à la baisse depuis 2007.

Figure 6: Evolution annuelle des captures françaises dans la Zone Nord (Manche, mer Celtique, mer du Nord ; source Sacrois DPMA-Ifremer 2014). (cliquer sur la figure pour l'agrandir).

 

Pour en savoir plus sur la pêcherie française de bar :

http://archimer.ifremer.fr/doc/00110/22162/