Résultats préliminaires des campagnes de marquage 2014

Les marquages conduits en 2014 et 2015 devraient révéler les comportements à plus grande échelle et permettront d'analyser notamment les échanges entre grandes zones géographique (mer du nord, Manche, mer celtique, golfe de Gascogne). En 2014, 569 bars marqués ont été relâchés sur 4 sites: Dunkerque  (Nord),  St Quay Portrieux (Cotes d'Armor), Captbreton (Landes) et La Turballe (Loire-Atlantique).  Au 18 mai 2015, 87 de ces poissons marqués ont recapturés soit un taux de recapture moyen de 15.3%. La plupart des marques ont été retournées au laboratoire. Ces résultats préliminaires semblent donc très encourageants.  Toutefois un certain nombre d'entre elles,  précoces, sont peu informatives quant à la compréhension des mouvements et migrations de cette espèce. Les marques les plus récemment récupérées montrent des évènements de migration génésique (de reproduction) et produisent donc de l'information utile. Toutefois, les processus de fidélité – drivers potentiels d'une structuration spatiale fine- ne peuvent être étudiés que sur des individus pour lesquels on dispose de séries temporelles sur au moins un cycle annuel (fidélité sur les zones d'alimentation  estivales) et plus (fidélité sur les zones de frai hivernales- la série temporelle devant alors couvrir 2 hivers successifs après le marquage).

Le prétraitement des données des marques électroniques vise à déterminer avec le plus de précision possible la date et l'heure de la mort, données qui alimentent le modèle de reconstruction de trajectoire. Ce prétraitement permet en outre de vérifier la cohérence de certaines informations et d'identifier certaines marques particulières provenant d'échouage par exemple ou présentant des évènements spécifiques. Deux exemples de  profils de température et de profondeur sont proposés ci-dessous.  

Données de température et de pression issues d’une marque électronique avalée par un mammifère marin

Cette marque d'un poisson relâché le 27 juin 2014 à Saint-Quay-Portrieux (graphe ci-dessous), a été retrouvée le 20 novembre 2014 sur la plage du Trez Hir en rade de Brest.

 

En fin de séquence, le profil de température (en bleu) montre une élévation brutale de la température : le poisson a été avalé par un mammifère marin ! La marque a été ensuite excrétée et, flottante, elle a dérivé jusqu'à son échouage (graphe ci-dessous).

 

Données de température et de pression issues d'un poisson marqué à Dunkerque

Les profils de température (bleu) et  profondeur (rouge) montrent des épisodes de températures élevées correspondant très probablement à la fréquentation des eaux de refroidissement de la centrale nucléaire de Gravelines.

 

Reconstitution de trajectoire

Les mouvements des poissons recapturés sont par ailleurs reconstruits à l'aide d'un modèle de géolocalisation développé pour cette application.

Un exemple de reconstruction est proposé ici . Il s'agit d'un poisson marqué à Dunkerque le 06/06/2014 et recapturé par un pêcheur professionnel de Newhaven (UK) le 31/12/2014. Notez, sur l'animation,  l'enveloppe journalière des probabilités de présence (patatoïde de couleur).