TGIR Flotte

Les moyens navals de recherche océanographique français du CNRS, de l'Ifremer, de l'IPEV et de l'IRD composent depuis 2008 la Très Grande Infrastructure de Recherche (TGIR) Flotte océanographique française.

La panoplie des navires hauturiers et engins sous-marins de cette TGIR permet l'accès à tous les océans et mers du globe, hors zone polaire. Les navires côtiers et de station permettent d'assurer un continuum avec les zones côtières et littorales. La TGIR flotte occupe une place de premier rang sur la scène internationale, par la qualité des publications issues des campagnes océanographiques, le niveau de performance de ses moyens et l'avance significative dans certains segments innovants comme les systèmes sous-marins et le carottage sédimentaire profond.

Composition et missions de la TGIR Flotte

La Flotte océanographique française désigne l'ensemble des moyens navals français appartenant aux quatre organismes fondateurs. Elle comprend :

  • six navires globaux ou régionaux (Marion Dufresne, Pourquoi pas ?, L’Atalante, Thalassa, Antea et Alis) capables de réaliser des campagnes océanographiques sur tous les océans. De 30 à 120 mètres de long, ils sont capables d’effectuer des levés bathymétriques des fonds marins, de déployer des systèmes sous-marins profonds afin de prélever des échantillons, de réaliser des mouillages, des prélèvements dans des colonnes d’eau, de réaliser des mesures navire en route (météorologie, courantométrie, …) ou d’effectuer des carottages sédimentaires ;
  • des engins sous-marins profonds, uniques en Europe, comme le sous-marin Nautile ou le robot télé-opéré Victor 6000 capables de travailler à 6000 mètres de profondeur, des sonars remorqués, des équipements de sismique multitraces et des outils de prélèvement ;
  • cinq navires côtiers (L’Europe, Thalia, Côtes de la Manche, Tethys II et Haliotis) utilisés en Manche-Atlantique et en Méditerranée qui permettent la réalisation de campagnes scientifiques nombreuses et variées avec une capacité à assurer un continuum de moyens entre le littoral et le hauturier ;
  • sept navires de station, capables de réaliser des sorties de la journée à 3 jours pour les plus récents répartis sur les façades maritimes métropolitaines.

La flotte est utilisée prioritairement pour effectuer des recherches scientifiques et des observations dans tous les domaines de l'océanographie : géosciences marines, océanographie physique et biologique, bio géochimie et chimie des océans, paléoclimatologie, biodiversité marine, etc.

Elle répond également à des besoins de surveillance, d'expertise ou de missions de service public pour le compte de l’État, en abordant les thèmes de l'hydrographie, de l'environnement côtier, des ressources halieutiques, de la délimitation de la ZEE, ainsi que les aléas sismiques, volcaniques et gravitaires.

La TGIR Flotte est également sollicitée dans le cadre de partenariats recherche-industrie avec le monde socio-économique, notamment dans le domaine des ressources minérales et énergétiques, et participe à la formation à la recherche en liaison avec les universités.

Fonctionnement

Une étape significative dans l'intégration des moyens navals français a été franchie en mars 2011 avec la constitution de l'UMS Flotte océanographique française, commune au CNRS, l'Ifremer, l'IPEV et l'IRD.

L'UMS Flotte océanographique française a été créée avec pour objectif une gestion coordonnée de la TGIR Flotte océanographique française, prioritairement au service de la communauté scientifique autour de trois objectifs :

  • élaborer et mettre en œuvre la programmation intégrée des navires et des équipements lourds ouverts aux appels d'offres nationaux (hauturiers et côtiers),
  • assurer la prospective, la définition et la coordination du plan d'évolution de la flotte, en prenant en compte les besoins des opérateurs nationaux publics non membres de l'UMS (TAAF, Marine nationale),
  • coordonner les politiques d'investissement.

La programmation pluriannuelle de la TGIR Flotte s’appuie sur deux commissions : la Commission Nationale de la Flotte Hauturière (CNFH) et la Commission Nationale de la flotte Côtière (CNFC) : ces commissions proposent un classement des campagnes en fonction de la qualité des dossiers déposés par les chercheurs.

Le COSS, ou Conseil d'Orientation Stratégique et Scientifique de la flotte océanographique française, formule des propositions et rend des avis, en matière de stratégie quant à l'usage, au fonctionnement et à l'évolution de la flotte.

L'UMS Flotte océanographique française dispose d'un Comité directeur (Codir) qui arrête les décisions et d'un directeur qui met en œuvre les décisions approuvées par le comité directeur et les instances de ses membres. Le comité directeur est composé des représentants des quatre membres fondateurs et associe les représentants de la structure d'évaluation des campagnes scientifiques (CNFH et CNFC), le président du COSS et la direction de l'UMS.