L’Ifremer vient de lancer le projet européen VIVALDI

Virus, bactéries, parasites… Depuis plusieurs années, la conchyliculture européenne subit des mortalités massives. Comment prévenir et contrôler les maladies des coquillages (huîtres, moules, palourdes…) ? Dans ce contexte, et après deux jours de réunion avec les 21 partenaires issus de 10 pays, l’Ifremer a lancé le 6 avril 2016 à Nantes le projet européen VIVALDI. Ce lancement a été piloté par Isabelle Arzul, coordinatrice du projet VIVALDI et chercheure au Laboratoire de Génétique et Pathologie des Mollusques Marins à la station Ifremer La Tremblade (Charente Maritime).

La conchyliculture européenne occupe une place privilégiée à l’échelle mondiale. La durabilité de cette production (8000 microentreprises à l’échelle européenne) est cependant fragilisée par des phénomènes de mortalité associés à des maladies. Dans ce contexte, le projet européen VIVALDI vise à augmenter la durabilité et la compétitivité du secteur conchylicole Européen. Coordonné par l’Ifremer, VILVALDI est un projet européen Horizon 2020 de 4 ans (2016-2020). Ce consortium rassemble 21 partenaires publics et privés de 10 pays, représentant la diversité du paysage de la conchyliculture Européenne. Le projet porte sur différentes espèces de mollusques marins exploitées en Europe telles que les huîtres (creuses et plates), moules, palourdes, coques ou coquilles Saint Jacques. VIVALDI tient compte de la diversité des pratiques culturales dans chaque pays, en développant des études sur des sites ateliers contrastés tels que le Delta de l’Ebre et la Ria de Vigo en Espagne, la rade de Brest et Dungarvan Bay en Irlande. 

Ce projet a bénéficié du financement de l’Union Européenne, dans le cadre du programme « Horizon 2020 », dédié à la recherche et à l’innovation. (Convention de subvention numéro 678589.)  

VIVALDI apportera non seulement des nouvelles connaissances sur les interactions complexes entre coquillages, environnement et organismes pathogènes mais développera notamment des outils et des approches pratiques afin de mieux prévenir et contrôler les maladies affectant les mollusques marins. Les maladies des coquillages ne connaissant pas de frontières, un réseau international rassemblant des experts des principaux pays producteurs de coquillages sera mis en place (France, Chine, Japon, Corée, Australie, Nouvelle Zélande, États-Unis et Canada). Au cœur de ce réseau, VIVALDI contribuera à partager l’information et les expériences de chacun sur les mortalités de coquillages pour une meilleure gestion des maladies associées.

VIVALDI est organisé en 6 groupes de travail

  • Étude de la diversité et des cycles des organismes pathogènes pour une meilleure surveillance
  • Compréhension de la réponse fonctionnelle des bivalves pour le développement de méthodes de prévention et de traitements
  • Sélection génétique pour la résistance/tolérance aux maladies
  • Compréhension des interactions complexes entre animal/environnement/ pathogène pour mieux évaluer les risques
  • Mesures de gestion des maladies et biosécurité
  • Partage de l’information pour une meilleure gestion des maladies

Le contexte du projet 

Depuis 2008, des mortalités anormalement élevées touchent les naissains d’huîtres creuses, Crassostrea gigas dans plusieurs pays européens. Le virus OsHV-1 a été identifié comme un des facteurs expliquant ces mortalités. Depuis 2012, la bactérie Vibrio aestuarianus induit des mortalités chez les stades adultes d’huîtres creuses, entrainant ainsi de lourdes pertes économiques. D’autres espèces de coquillage comme la coque Cerastoderma edule représentent une importance économique majeure à l’échelle de certaines régions telle que la Galice en Espagne. Un parasite appelé Marteilia cochillia a récemment été décrit comme la cause de l’effondrement des gisements de coques dans les rias galiciennes.

Le 18 avril 2016, VIVALDI participe au salon ostréicole de la Tremblade

A l’occasion du 44ème Salon national du matériel conchylicole aquacole pêche énergies renouvelables et loisirs de mer (16 au 18 avril à la Tremblade), l’Ifremer participe avec deux temps forts :
  • Le 18 avril, à 11h, une visite VIVALDI à la station Ifremer de La Tremblade. Parce que la recherche ne se fait pas sans équipement et sans savoir-faire, nous vous invitons à venir visiter les installations scientifiques où se feront une partie des recherches du projet VIVALDI. Inscription gratuite et obligatoire: jean.prou@ifremer.fr
  • Le 18 avril, de 14h à 16h, une série de présentations du projet VIVALDI se tiennent dans l'enceinte du salon. 6 chercheurs de l’Ifremer, impliqués dans VIVALDI, exposeront tour à tour leur sujet en 3 points : l’état d’avancement des connaissances, les recherches qui seront effectuées et les résultats attendus.