L’Europe donne le coup d’envoi pour un nouveau système de coordination des observatoires sous-marins pluridisciplinaires.

Les scientifiques européens unissent leurs forces pour mieux comprendre les changements océaniques de demain à travers l’étude de la géosphère, la biosphère et l’hydrosphère. La première assemblée des membres de l’EMSO (European Multidisciplinary Seafloor and water column Observatory)  s’est tenue les 28 et 29 septembre à Rome en Italie. L’Italie est le pays hôte de l’Infrastructure.

Le réseau européen EMSO est composé d'un réseau d'observatoires fixes, situés en eaux profondes ou dans la colonne d’eau, déployés dans les mers tout autour de l’Europe, de l’Arctique à l’Atlantique, de la Méditerranée à la mer noire. Ces infrastructures ont pour but de récolter des observations océaniques de haute qualité, en temps réel et interactives reposant sur une inter et multidisciplinarité au travers d’observatoires sous-marins de longue durée. Les pays fondateurs de cette initiative incluent l’Italie, la France, la Grèce, l’Irlande, le Portugal, la Roumanie, l’Espagne et la Grande Bretagne.

La dernière avancée d’EMSO est la mise en place d’un nouveau système d’organisation sous forme de Consortium Européen d’Infrastructures de Recherches (ERIC). Il s’agit d’une structure de gouvernance qui permettrait un management stratégique à long terme pour les efforts de grande ampleur. Le lancement de la procédure ESFRI (European Strategy Forum on Research Infrastructures) de soutien par l’Europe d’EMSO a été porté par l’Ifremer dès 2006, l’Ifremer assurant ensuite le rôle de coordinateur adjoint pour la phase préparatoire.

Mais EMSO va plus loin et veut coordonner l’acquisition de données océaniques et les analyses à des échelles régionales, nationales et globales. Pour la France et plus particulièrement pour l’Ifremer, il s’agit en premier lieu des sites EMSO Açores autour du site hydrothermal Lucky Strike et EMSO Ligure (dont le site de la pente de Nice mis en opération la semaine dernière). La démarche rapprochera les pays et les disciplines scientifiques et technologiques mais permettra également le rassemblement de données harmonisées avec pour objectif de rendre les données récoltées accessibles à tous les chercheurs et parties prenantes. L’Infrastructure de Recherche EMSO France conjuguant des personnels et des budgets de l’Ifremer et du CNRS constitue la contribution française à EMSO.